Brasseries de couvents

Bières de couvents
La fabrication et la consommation de bière est connue dès les premiers monastères. L'influence bénédictine y est majeure.

 

Le moyen âge et la Renaissance virent les abbayes se développer et parfois grandement prospérer. Ce sont ainsi des centaines, peut être des milliers, de brasseries qui existèrent, à travers les âges, au sein des couvents européens.

 

La plus ancienne brasserie monacale existant encore est celle du couvent de Freising à Weihenstephan, près de Münich. (fondée vers 1040.), elle dispute ce titre à l'abbaye de Weltenburg (1050) qui présente la caractéristique de toujours héberger des moines.

Dès 770 il est fait mention d'une brasserie à l'abbaye de Gorze, près de Metz. Vers 817, Louis Ier fonda l'abbaye de Corbie en Westphalie et y établit des moines brasseurs de l'abbaye du même nom située en Picardie. L'abbaye picarde comportait brasserie et malterie.

Les moines de Saint-Denis de Paris étaient amateurs de Cervoise et en 862, Charles le Chauve leur fit don de 90 boisseaux d'épeautre par an pour leur brasserie. Cette abbaye cultivait le houblon.

En 967 l'abbaye de Saint Bavon à Gand possédait deux brasseries à Esquermes, près de Lille. En Normandie, dans son "Histoire de l'abbaye de Saint Michel du Tréport" (1888), le prieur Dom Coquelin cite la présence d'une brasserie au sein du monastère et évoque la culture de l'orge. L'abbaye de Bourgueil était réputée pour sa cervoise, celles de Montreuil dans la Marne, Foigny dans l'Aisne, Clervaux près de Bar-sur-Aube comportaient des brasseries. Il en va de même pour Cluny, Saint-Waast à Arras, Saint-Trond en Belgique, célèbres pour leurs brasseries dès le XIè siècle.

Toutes les villes d'une certaine importance abritaient des communautés religieuses qui, souvent, fabriquaient leur bière, même de façon limitée.