Brasser pour subsister

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Les abbayes brassent désormais essentiellement pour assurer leur subsistance.

Assurer la subsistance de la communauté.​

Les monastères ont de lourdes charges : entretien des moines et des convers, soin des malades ou enseignement, assistance aux indigents, accueil des pèlerins. Un monastère doit pouvoir nourrir toutes les personnes qui sont dans l'établissement ou qui gravitent autour. Comme les dons ne suffisent pas, le monastère cultive les plantes, élève les animaux nécessaires à son alimentation et cherche à créer des surplus qui sont vendus à l'extérieur.

 

Du fait qu'un certain nombre de moines savait lire, écrire et compter, les abbayes en profitèrent pour apporter au brassage des avancées techniques : de la précision dans les proportions, l'utilisation de recettes écrites et l'adjonction de houblon pour ses propriétés aromatiques, antibactériennes et conservatrices.

 

Loin de n'être qu'un moyen d'assurer l'hospitalité à ses visiteurs et de constituer un complément alimentaire aux moines, le brassage de bière constituait aussi une source de revenus pour les abbayes; notamment pour entretenir ou moderniser leurs bâtiments et installations.

Au fil des siècles, il arriva souvent que les brasseurs ou cabaretiers laïcs se plaignent de la concurrence jugée déloyale des moines brasseurs qui pour certains faisaient un commerce assez large de la bière et mettaient en place restaurants et lieux de distraction, en vue de favoriser l'écoulement de leur production.
 
De nos jours, étant donnée la réputation acquises par la "bière des moines" qui se vend généralement bien, et considérant les nombreuses évolutions techniques en matière de brasserie et les moyens modernes d'écouler la production, le brassage de bière demeure un moyen éprouvé d'assurer un revenu à une communauté religieuse, même s'il faut admettre que le nombre d'authentiques brasseries d'abbaye a considérablement baissé depuis environ deux siècles.