Mont des Cats

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L'abbaye du mont-des-cats était en son temps très réputée pour sa bière qu'on trouvait jusqu'à Paris. 

Le lieu est de longue date occupé par des religieux ; on peut faire observer que déjà des frères Antonins étaient présents sur le Mont des Cats de 1650 à 1792.

En 1826, le peintre Hazebrouckois Nicolas Joseph  Ruyssen achète ce qui reste de l'ermitage des Antonins et y habite, le temps de le restaurer, il y subventionne la création d'un prieuré.

Vue de l'abbaye vers 1890 - on voit chariots de bière et cheminée de brasserie

Des moines de l'ordre de Cîteaux réformé s'y installent, en effet en 1826 celui-ci demande aux Trappistes de l’Abbaye du Gard de fonder sur le Mont des Cats.


La fondation eut également ses problèmes internes, qu’on peut deviner par la succession rapide des prieurs de 1826 à 1847. A cela il faut ajouter la « crise » que traversa la communauté de 1831 à 1835 (liée à la demande d'un frère d'être remboursé de l'argent qu'il avait apporté en entrant, et qui avait été investi dans la construction de l'église) et qui la divisa au point que certains frères y trouvèrent certainement une raison de partir lorsque, sollicités par l'abbé du Gard, ils émigrèrent en Belgique et participèrent à la fondation de l’abbaye de Saint Sixte en 1831.

 

Le premier monastère fut construit par étapes entre 1826 et 1845. En 1847 le monastère fut élevé au rang d'abbaye et Dom Dominique Lacaes fut élu premier abbé.

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Constructions...
 

Les premières années la vie furent rudes sur le Mont, à cause de la pauvreté du site.  

 

Cela n’a pas empêché Père Nil d’agrandir les bâtiments de l’abbaye et de construire un cabaret en 1833. 

En 1835, un journaliste note que ce "cabaret splendide, comprenant estaminet pour les fumeurs et cabinets particuliers pour les personnes sensibles ou délicates" permet aux moines de vendre "tout bonnement de la bière, de la mondaine mais excellente bière qu'on y débite à tout venant..." .

Est-ce à dire que les moines brassaient déjà cette bière ? Tout porte à le croire, mais la production était probablement très artisanale et en quantités limitées à la vente sur place.

Dom Sébastien Wyart, abbé du Mont des Cats de 1884 à 1889 devient abbé de Sept-Fons puis premier abbé général des Cisterciens Trappistes en 1898. Dom Jérôme Parent, abbé de 1889 à 1906 décide de reconstruire l’abbaye.

 

Les trappistes estiment que la maison de Dieu doit être aussi celle du travail. 1847 voit donc l'installation d'une forge et d'une brasserie digne de ce nom, sous l'impulsion du père abbé Dom Lacaes. La fromagerie pour sa part fut fondée en 1849 pour transformer le lait du troupeau en fromage pour les moines et les hôtes. Le fromage a continué à être la principale ressource de la communauté jusqu’à aujourd’hui.

 

En 1898 a lieu de consécration de l’église abbatiale et neuf jours de « portes ouvertes » qui ont attiré une foule considérable.

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La brasserie (I)

A l'origine, les trappistes brassent la bière pour leur consommation personnelle et probablement pour le "cabaret". Ils produisent en particulier une bière brune, forte et savoureuse, bien appréciée des visiteurs. La nécessité de créer des ressources les amène à en organiser la commercialisation. Les trappistes perfectionnent chaque jour leur technique de brassage et de fermentation.

En 1896, on procède à la modernisation du secteur industriel de l'abbaye.

La petite brasserie qui tombait en ruines est rebâtie. Comme chacun sait, une bonne eau est à la base d'une bonne bière. C'est la raison pour laquelle est installée une machine à vapeur de 40 chevaux, nécessaire au pompage d'une eau pure. La capacité de la brasserie était d'une centaine d'hectolitres et la bière était vendue à l'époque 25 F l'hectolitre.

Ce savoir-faire, ce souci de modernité apportent une excellente renommée à la production de l'abbaye, comme en témoigne le Père Eugène Arnoult dans son livre, en 1898 : "Le commerce de la bière des PP Trappistes s'étend au loin, dans les grandes villes du Nord, à Paris et dans toute la France. Leur produit, sous le nom de 'bière fine', a une réputation bien méritée : sa couleur blonde, sa légèreté, la finesse des houblons employés en font une digne rivale du pale ale tant renommé".

 

En 1900, les trappistes, au nombre de 70, employaient une cinquantaine d'ouvriers laïcs qui les secondaient dans leur travail quotidien : brasserie, fromagerie, exploitation agricole... Le frère Léon dirigeait alors la brasserie.

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La brasserie (II)

 

Marquées par les lois de la séparation de l'Eglise et de l'Etat mises en oeuvre au début du XXe siècle, une bonne partie des moines se réfugie à Watou en Belgique, dans une ferme louée. (Le gouvernement n'accueille pas les demandes de maintien de 4 maisons dont Chambarand et Sainte Marie du Mont, celle ci étant particulièrement critiquée : "Cet établissement a mauvaise réputation... Il s'occupe à peu près exclusivement d'une importante brasserie").

 

Devant ces difficultés, la production de bière vient même à cesser en 1905. Ces lois anticléricales obligent les moines étrangers, nombreux au Mont des Cats, à prendre le chemin de l’exil. Cela explique la fermeture de la brasserie en 1907.

La première guerre mondiale vient stopper le projet de reprendre une fabrication à titre commercial. En Avril 1918 un terrible bombardement transforme le monastère en ruines, ainsi que la brasserie qui ne sera jamais reconstruite

Après de longues années sans bière au Mont des Cats, le Jeudi 9 juin 2011 a eu lieu une conférence de presse au sein de l'abbaye, pour annoncer la création d'une "Bière trappiste du Mont des Cats" qui est commercialisée sur le Mont depuis le jeudi 16 juin 2011.

Cette nouvelle bière trappiste correspond aux critères et définitions légaux d'une "bière trappiste" (selon notamment les cours de Gand et de Bruxelles) ; elle sera produite dans un premier temps par la brasserie de Chimay pour le compte de l'abbaye du Mont des Cats.

Déjà, il semblait que certains s'inquiétaient de cette démarche et craignaient de voir un développement incontrôlé de bières à étiquettes trappistes ou autres, mais ces craintes se sont avérées infondées et la "Mont des Cats" est désormais disponible à la dégustation.